Archives quotidiennes : 20 octobre 2026

Fake news sur la fermeture des bureaux de Poste : le journal la Montagne nous répond… à côté !

Comme nous l’avions expliqué sur ce blog : Carole EON, être journaliste à la Montagne ou ailleurs ça demande un peu de travail et de sérieux, non ? | http://ambertenpolitique.org : Ici on fait de la politique ! la journaliste de la Montagne a affirmé dans l’édition du 29 septembre, reprenant Médiapart, que le bureau de Poste de Vertolaye et 4 autres étaient menacés de fermeture dans notre département, ce qui est faux puisque la fermeture d’un bureau de Poste doit nécessairement recevoir l’accord du maire de la commune.

Nous avions contacté la journaliste de la Montagne par mail pour lui apporter les informations dont nous disposons, ce qui a motivé l’article précédent sur ce blog ; sans réponse. Relancée par mail en citant ce blog la réaction ne s’est pas faite attendre cette fois-ci : non pas de la journaliste elle-même, curieusement – nous lui faisons peur à ce point ? -, mais par le Chef de rédaction pour le département du Puy-de-Dôme, Franck CHARVAIS. C’est nous faire beaucoup d’honneur et visiblement nous avons appuyé où cela fait mal, très mal. C’est dommage, l’échange avec le quotidien puydomois aurait pu être apaisé, l’enjeu de la présence des services publics le méritait. le chef de rédaction en a décidé autrement ; dont acte, nous répondrons sur le même ton.

Cela commence très fort :

Il n’est pas d’éloge flatteur sans liberté de blâmer ; me refuseriez vous ce droit ? Assumer son engagement politique est parfaitement honorable. Quant à la situation économique du journal, personne ne peut s’en réjouir ; encore faut-il s’interroger sur les causes.

La Direction de la Poste (à Paris ?) n’a pu valider ce qui n’est pas possible : je le répète la fermeture d’un bureau de Poste passe nécessairement par l’accord du maire dans le cadre du Contrat triennal de Présence Postale Territoriale co-signé par l’Etat, la Poste et l’Association des Maires de France et prorogé pour une année : contrat-de-presence-postale-territoriale-2023-2025.pdf. La liste dont vous avez vérifié la validité existe, elle précise quels sont les bureaux pour lesquels la Poste souhaite seulement engager une discussion avec les maires des communes concernées. Sans être décisionnaire in fine (même si le contrat, lui, prévoit la possibilité d’ajuster les horaires d’ouverture une unique fois dans ce cadre du contrat triennal). Cette liste a été présentée aux personnels de la Poste dans le cadre des instances paritaires, d’où la « fuite » en direction de Médiapart.

Il est vrai que la négociation en cours du futur contrat est particulièrement difficile, du fait du non respect des engagements financiers de l’Etat notamment, mais c’est une autre histoire. Peut-être aurez-vous l’occasion de l’évoquer dans votre journal lorsque celui-ci sera signé, ce qui n’est pas encore acquis.

Vous êtes libre d’écrire qu’il s’agit d’une « menace réelle » même si cela est factuellement faux et effectivement vous n’avez pas besoin de permis de publier ; c’est heureux. Je ferai aborder la question de cette « menace » lors de la réunion annuelle qui rassemble à Paris dans quelques semaines les présidents de commission de présence postale et la direction de la Poste.

Je me réjouis que vous découvriez cette instance de concertation qui vise à associer les différents acteurs de la présence postale territoriale, en finançant d’ailleurs ce maillage territorial et la médiation numérique pour partie ; sur le fait d’ignorer mon existence, ce n’est pas un souci, rassurez-vous. Je note que Carole EON n’a pas jugé opportun de donner suite à ma démarche ultérieure. Une réponse simple de bonne réception était largement suffisante et aurait clôt le sujet ; c’est ce qui se fait d’habitude mais, visiblement, madame EON ne souhaite pas de contact direct avec ceux qui sont présents sur le terrain. C’est son choix et, vous avez raison là aussi, il est parfaitement légitime même si cela interroge sur la pratique journalistique.

J’en profite pour vous signaler que je suis par ailleurs vice-président en charge du numérique (infrastructure, usages, inclusion…) du Conseil départemental du Puy-de-Dôme et que, là aussi, les articles que vous publiez sur cette thématique, n’ont jamais fait l’objet d’un échange entre nous. Pas plus que je n’ai eu de réponse des journalistes en charge que j’ai pu contacter par mail. Décidément…

Je suis navré d’avoir porté atteinte à la liberté de la presse à vos yeux ; vous me prêter beaucoup plus de pouvoir que je n’ai vraiment ; c’est ailleurs aujourd’hui qu’a lieu cette remise en cause. Sachez que les élus sont les premiers à la défendre, même lorsque l’expression journalistique peut prêter à la critique à leur égard. Pour échanger régulièrement avec de nombreux journalistes, ici ou ailleurs, je sais les pressions qu’ils peuvent recevoir, les élus étant persuadés qu’une juste place ne leur est pas accordée. Nous en plaisantons souvent ensemble, ce qui ne semble pas être votre cas : « Aucun droit », « tutelle », « donner des leçons », « un ton narquois », « états d’âme », « mépris », « exigence de mesure et de sérénité », « indigne de vos fonctions », bigre ! Cela mériterait presque une « indiscrétion » dans vos pages…

Je prends bonne note que le travail de journaliste consiste à enquêter – pas reproduire l’article d’un confrère – , à vérifier – j’en donnais la possibilité à madame Eon – et informer avec rigueur – et non dans le sensationnalisme -. Vous avez tout à fait raison. C’est ce que l’on attend d’un travail de journaliste. Ca n’a malheureusement pas été le cas ici, je le regrette car cela a provoqué une vague d’inquiétude injustifiée dans les communes concernées.

Ce blog existe depuis 15 ans et c’est la seconde fois seulement que ce type d’échange avec des journalistes y trouve sa place : et encore la dernière remonte à 2012 : France 3 Auvergne : Yannick Kusy a la rancune tenace ; moi pas. A chacun sa vision des choses. | http://ambertenpolitique.org : Ici on fait de la politique ! ; cela fait manifestement preuve de beaucoup de mesure et de sérénité de ma part.

Je vous remercie donc d’avoir pris la peine de me répondre, même si je regrette la forme. Je reste à votre disposition pour continuer à échanger sur les enjeux de services aux publics ou sur d’autres sujets si vous le jugez utile. L’information juste, offerte aux Puydomois est naturellement un enjeu que nous nous devons de partager.

Michel SAUVADE – Président de la commission Départementale de Présence Postale Territoriale du Puy-de-Dôme.