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Un SMIC JEUNE, GATTAZ est devenu incontrôlable?


un « smic jeunes » soulevée mardi dernier,par le président du MEDEF

Pierre GATTAZ.

Le « smic jeunes » est le plus mauvais signal que la société française peut adresser à sa jeunesse. On ne peut d’un côté prétendre que les jeunes représentent l’avenir de notre pays et de l’autre, leur proposer un « Smic au rabais » pour prix de leur travail et de leurs compétences.

Par ailleurs, une telle mesure reviendrait à ouvrir une dangereuse boîte de Pandore, qui se traduirait inévitablement par une harmonisation sociale par le bas. Elle accréditerait l’idée fausse selon laquelle les droits sociaux sont l’ennemi de l’emploi. Enfin,  Pierre Gattaz agite ce chiffon rouge au moment où le dialogue social est plus que jamais nécessaire pour aider notre pays à sortir de la crise.

La clef de la réduction du chômage des jeunes se trouve dans l’apprentissage, seul moyen pour eux de poursuivre leur formation, de mettre un pied dans l’emploi, sans peser démesurément sur la masse salariale des entreprises. Plutôt que de « sous-payer » les jeunes, mieux vaut investir dans leur employabilité. C’est pourquoi, face à l’effondrement du nombre d’apprentis depuis deux ans, il faut obtenir l’élaboration, avec les partenaires sociaux, d’un « plan Marshall de l’apprentissage » dans les entreprises comme dans la fonction publique.

Il est intéressant d’analyser que c’est la seconde fois de notre histoire que le patronat impose facilement son diktat à un gouvernement, tout d’abord sous F. Mitterrand et maintenant sous F. Hollande. On constate une fois de plus le double jeu de nos amis, les responsables de la gauche, qui n’hésite pas à trahir leurs électeurs. Il vaux bien mieux une droite sociale, qui sait tenir tête, qu’une gauche antisociale qui ne sait faire que le valet.

Bon lundi de pâques

 

2 réponses à “Un SMIC JEUNE, GATTAZ est devenu incontrôlable?

  1. Je suis globalement d’accord avec vous sur l’outrance des demandes du MEDEF et l’influence de ce qui n’est autre qu’un syndicat défendant des intérêts corporatistes bien compris, mais n’oubliez pas que le MEDEF dictait aussi les lois sous Sarkozy. L’essentiel des modifications du droit du travail sous notre dernier président ont été voulues et écrites par le MEDEF. Je ne citerai que l’exemple de la rupture conventionnelle (loi de 2008) qui était la porte ouverte à tous les abus, notamment lorsqu’une entreprise veut se débarrasser d’un personnel trop âgé. Il s’agit de la 2ème cause principale de licenciement avec les raisons personnelles, et elle arrive loin devant les licenciements économiques – en pleine période de crise économique !
    Par ailleurs, l’idée du smic jeune n’est pas nouvelle : combien de gouvernement UDF-RPR-UMP ont essayé de lui donner vie avant que Pascal Lamy ne la déterre… Et puis de toute façon, le smic jeune existe déjà, et depuis belle lurette : ça s’appelle un stage.

    Donc je suis plutôt d’accord avec le faux dicton : « l’UMP en a rêvé, les socialistes l’ont fait » (c’était déjà le cas sous Jospin) mais attention à ne pas exonérer non plus le gouvernement précédent UMP/Nouveau Centre.

    Sur la droite sociale, je suis totalement d’accord, il faudrait qu’elle ré-émerge, comme la gauche sociale d’ailleurs. Les deux sont malheureusement mortes en 1991. Le gros problème actuellement, c’est l’orthodoxie économique dictée par les traités que nous avons signés, notamment européens, et dont les architectes font de l’ultralibéralisme l’alpha et l’oméga de tout raisonnement économique. Or au même titre que le communisme de la belle époque, l’ultra-libéralisme est une idéologie. Quand un éditorialiste économique du Point – bon, j’admets, en la matière, ce journal offre du lourd… – en vient à opposer économie de marché et keynésianisme, on se demande où il a été formé : FD Roosevelt et J. Staline, même combat !
    Plus sérieusement, le MEDEF ne fait aujourd’hui que profiter d’une position de force. Un peu comme la CGT au « temps béni » du bloc de l’Est… Et ce quelle que soit la couleur politique du gouvernement.

  2. Il n’y a pas que l’apprentissage comme avenir.
    Il n’y a pas que la jeunesse qui a besoin d’être reconnue et donc rémunérée pour ses compétences, son travail.
    Le système social a été cassé dès qu’il s’est agit de privilégier l’actionnariat, les assurances privées et le rendement au détriment des salaires, de l’investissement.
    Economiquement, le salariat est un modèle devenu plus délétère que l’esclavage puisque le salarié doit subvenir seul à ses besoins selon les moyens alloués par d’autres.

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