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Pneus neige : attention aux « fake news »

source : https://www.maire-info.com/transports/pneus-neige-attention-aux-fake-news–article-25783

C’est hier, lundi 1er novembre, qu’est entrée en vigueur l’obligation d’équiper les véhicules de dispositifs de sécurité pour traverser certains territoires fréquemment enneigés. Le point sur un dispositif qui a fait couler beaucoup d’encre et provoqué beaucoup de rumeurs. 

Par Franck Lemarc

Maire-Info© Sécurité routière

Il y a quelques jours encore, la rumeur courrait sur les réseaux sociaux : le gouvernement avait décidé d’obliger, dans une cinquantaine de départements, tous les automobilistes à acheter des pneus neige. Avec, à la clé, la menace de la reprise d’un mouvement de contestation comparable aux Gilets jaunes, dont on se rappelle qu’ils sont nés, en 2018, de l’augmentation de la taxe sur les carburants. 

Mais la loi et le décret qui sont ici en cause ne disent pas cela, et la nouvelle obligation est, de fait, nettement moins contraignante. 

Pas d’obligation de pneus neige

Lors d’une séance de questions au gouvernement au Sénat, le 14 octobre dernier, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a eu l’occasion de s’exprimer sur ce dossier. En réponse à la question d’un sénateur des Vosges, le ministre a déclaré : « Permettez-moi également de corriger des informations qui sont dites et répétées, mais qui sont fausses. D’abord, il n’y a pas d’obligation d’utiliser des pneus neige. Les chaînes de montagnes suffisent. Je sais qu’un certain nombre d’entreprises essaient de faire croire à nos concitoyens qu’ils ont l’obligation de changer de pneus, mais ce n’est pas le cas. C’est ce qu’on appelle une fake news. Les chaînes qu’utilisent depuis très longtemps ceux qui se rendent à la montagne suffisent. Il suffit de les avoir dans son coffre et de les mettre quand c’est nécessaire. » 

L’essentiel est dit : il n’y a pas d’obligation d’équiper son véhicule de pneus neige (même si cela est recommandé : l’obligation sera satisfaite si les automobilistes ont, dans leur coffre, des chaînes ou des « chaussettes ». 

D’où vient cette disposition ?

C’est la loi Montagne II du 28 décembre 2016 qui a instauré cette nouvelle obligation : son article 27 dispose que dans les massifs montagneux, « le représentant de l’État détermine, après avis du comité de massif, les obligations d’équipement des véhicules en période hivernale »  – les modalités de cette disposition devant être précisées par décret. Ce texte réglementaire a été publié au Journal officiel du 17 octobre 2020 : le décret a d’abord fixé la date d’entrée en vigueur du dispositif (1er novembre 2021) et définit les dispositifs qui deviendront obligatoires. 

Tous les véhicules sont concernés : voitures individuelles, véhicules utilitaires, camions, cars, etc. Pour les voitures individuelles, le décret est parfaitement clair : deviendront obligatoires ou bien le port de quatre pneus « hiver »  ; ou bien « la détention de dispositifs antidérapants amovibles permettant d’équiper au moins deux roues motrices ». Ces dispositifs amovibles, précise le site de la Sécurité routière, sont ou bien « les chaînes métalliques »  ou bien « les chaussettes à neige textiles ». Les premières, plus onéreuses et plus difficiles à installer, sont aussi plus efficaces et recommandées pour un usage « fréquent »  ; les secondes, moins chères et plus simples d’utilisation, sont aussi « moins efficaces en cas de fort enneigement ». 

Quant aux pneus hiver (ou pneus neige), ils doivent être aux normes : le décret précise que sont autorisés les pneus « relevant de l’appellation « 3PMSF », c’est-à-dire à la fois portant le marquage « symbole alpin »  et la marque « M+S », « M.S »  ou « M&S ». Une tolérance sera mise en place jusqu’au 1er novembre 2024 : les pneus marqués « M+S »  sans symbole alpin seront acceptés. 

Il faut également bien noter que cette nouvelle obligation ne s’applique pas aux seuls résidents des territoires concernés, mais à tout véhicule qui les traverse. L’obligation sera en vigueur chaque année du 1er novembre au 31 mars.

Où l’obligation est-elle en vigueur ?

Le champ géographique d’application de ces dispositions est un peu plus compliqué. La loi et le décret mentionnent « les massifs mentionnés à l’article 5 de la loi n° 85-30 du 9 janvier 1985 », c’est-à-dire les massifs des Alpes, de la Corse, du Massif central, du Jura, des Pyrénées et des Vosges. L’ensemble de ces massifs couvre 48 départements. Pour autant, l’obligation ne couvre pas la totalité de ces 48 départements, la liste des communes concernées devant faire l’objet d’une concertation entre les préfets, les maires et le comité de massif. 

Au final, il revient donc à chaque préfecture concernée de donner une liste des communes dans lesquelles l’obligation entre en vigueur. Aucune carte complète n’étant disponible à ce jour, il n’y a donc pas d’autre choix que de se référer aux sites des préfectures concernées, et en la matière, la plus grande diversité est de mise. 

Dans certains départements faisant partie – tout ou partie – des massifs concernés, le préfet a fait le choix de n’appliquer l’obligation à aucune commune. C’est le cas par exemple de l’Hérault. Bien que le nord du département soit situé dans les contreforts du Massif central, l’arrêté préfectoral est clair : « Considérant la faible fréquence des épisodes de neige et de verglas dans le département (une dizaine de jours d’évènements significatifs sur les quinze dernières années) et le caractère exceptionnel des perturbations sur la circulation routière, le préfet de l’Hérault a décidé de ne pas imposer l’équipement systématique des véhicules. (…) Aucune commune du département ne sera concernée par l’obligation d’équipement. » 

À l’inverse, la préfecture du Puy-de-Dôme a décidé de l’imposer « sur l’ensemble du département et toutes ses communes ». C’est également le cas dans le Cantal, l’Isère, la Savoie et la Haute-Savoie.

Entre ces deux extrêmes, certaines préfectures ont décidé d’appliquer la nouvelle règlementation à certaines communes, dont elles donnent la liste sur leur site : 42 communes en Aveyron, 57 communes dans la Drôme, 28 dans le Var, etc. 

Dans ces conditions, il est évidemment bien compliqué pour un automobiliste de passage de savoir s’il traverse une commune où l’obligation s’applique ou pas, et inimaginable d’installer et désinstaller les équipements selon la réglementation ! Il ne peut donc qu’être conseillé, dès lors qu’un véhicule doit traverser un des 48 départements concernés, d’avoir systématiquement dans son coffre des chaînes ou chaussettes, à défaut de pneus neige. 

Le gouvernement a néanmoins annoncé que pour la première année d’application de la loi, aucune sanction ne serait prise. Les amendes ne seront donc appliquées, en cas de manquement, qu’à partir du 1er novembre 2022. Sauf dans la commune de Gérardmer, dans les Vosges, où le maire, Stessy Speissmann, a décidé d’appliquer une tolérance zéro dès le 1er novembre : un arrêté impose une amende de 35 euros aux automobilistes qui ne respecteraient pas la nouvelle loi, et les contrôles de la police municipale débuteront « dès aujourd’hui ». 

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Santé : 12 recommandations du Sénat pour lutter contre la désertification médicale

source : https://www.maire-info.com/sante-publique/sante-12-recommandations-du-senat-pour-lutter-contre-la-desertification-medicale-article-25751

Santé : 12 recommandations du Sénat pour lutter contre la désertification médicale

Mercredi dernier, Philippe Mouiller, sénateur des Deux-Sèvres et Patricia Schillinger, sénatrice du Haut-Rhin, ont présenté leur rapport d’information sur « les collectivités à l’épreuve des déserts médicaux : l’innovation territoriale en action », fait au nom de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation. Synthèse. 

Par Lucile Bonnin

« C’est un sujet qui fait partie des essentiels », indique en préambule Françoise Gatel, présidente de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation. L’accès aux soins est en effet « une préoccupation grandissante »  pour les Français et pour les élus locaux. 

La présidente le rappelle : « La délégation aux collectivités territoriales se veut extrêmement pragmatique avec un souci d’efficacité dans les rapports qu’elle peut faire. Nous avons le souhait de formuler des recommandations et de communiquer sur des bonnes pratiques qui existent. Les élus locaux, nous le savons, sont des inventeurs de solutions et face parfois à la carence de l’État, au déficit de médecins, les élus ont inventé des solutions pertinentes qui mettent en avant la nécessité d’une bonne articulation entre l’État et les collectivités territoriales. » 

Des bonnes pratiques en référence 

« En matière de méthode, nous sommes partis dans une démarche d’auditions et d’observations », explique Philippe Mouiller, co-rapporteur du rapport Les collectivités à l’épreuve des déserts médicaux : l’innovation territoriale en action. L’AMF, ainsi que d’autres associations d’élus, a été auditionnée à plusieurs reprises par la délégation dans le cadre de la préparation de ce rapport.

Ce rapport insiste en premier lieu sur l’importance pour une région de « développer des synergies fructueuses avec les départements et de veiller à une coordination efficace entre ces derniers ». La région peut en effet attribuer des aides pour favoriser l’installation de professionnels de santé, soutenir des actions de promotion de santé, instruire des dossiers éligibles au Feder (lequel peut être affecté au financement de projets locaux de constructions de maisons de santé), et échanger directement avec l’ARS. 

En termes de bonnes pratiques encouragées par la délégation, on retrouve la création de centres de santé qui ont été créés historiquement par les communes et leurs groupements. « Si cette pratique est développée par un nombre croissant de communes et d’intercommunalités, elle est limitée par une demande de médecins pour le salariat inférieure à l’offre des centres de santé », est-il précisé dans le rapport. 

D’autres solutions sont mises en avant dans ce texte : la création de maisons de santé pluri-professionnelles (MSP) ainsi que la création de centres de santé qui sont des structures sanitaires publiques chargées de pratiquer principalement des soins de premier recours. Plus atypique, l’une des solutions relevée dans le rapport préconise le développement d’une offre en « médecine ambulante ». « En effet, de nombreux élus développent cette modalité particulière d’exercice de la médecine afin de rapprocher l’offre de soins des patients situés en zones sous-denses ; matériellement cela peut prendre la forme d’un bus, est-il précisé dans le texte. Les dispositifs de santé itinérante fonctionnent souvent avec l’aide précieuse de praticiens retraités. » 

D’autres collectivités ont fait des choix différents. Plutôt que de financer des structures de soins fixes ou itinérantes, certaines ont mené « des actions proactives afin de favoriser l’installation des médecins  »  (logement, aides à l’emploi du conjoint, cadre de vie…). Les solutions développées par les élus « peuvent également porter sur des actions préventives (par exemple le programme « J’agis pour ma santé »  lancé par la métropole de Montpellier en 2017). » 

Le rapport évoque bien évidemment le déploiement de la télémédecine en France et surtout dans les territoires « en détresse depuis des années ». De nombreuses personnes interrogées insiste sur le fait que « la crise sanitaire devrait jouer un rôle d’accélérateur du déploiement des télé-cabinets ou des cabinets de télémédecine. » 

Sept recommandations aux élus

À partir de ce tour d’horizon des bonnes pratiques, les rapporteurs ont pu émettre 12 recommandations. Sept concernent les élus locaux directement et cinq concernent l’État dans ses rapports avec les collectivités.

La première recommandation : Batir des centres ou maisons de santé « partenariaux », c’est-a-dire en étroite concertation entre les élus locaux et les professionnels de sante (organes représentatifs, conseil départemental de l’ordre…), et ce le plus en amont possible. « On s’est rendu compte sur le territoire que beaucoup d’initiatives heureuses ou malheureuses étaient liées à ce dialogue essentiel entre les élus locaux et les professionnels de santé », précise Philippe Mouiller.

Dans un même temps, renforcer les liens entre les collectivités et les facultés de médecine est indispensable. « Fontainebleau, par exemple, a réussi, avec une antenne universitaire, à créer un label universitaire dans les maisons de santé », explique Patricia Schillinger. Une troisième recommandation est formulée : Favoriser l’installation des médecins dans les zones sous-denses par des dispositifs incitatifs. « Cela peut aller des bourses financières pour les étudiants jusqu’au salariat, précise Philippe Mouiller. Certaines collectivités ont fait le choix de pouvoir directement salarier des médecins et quelques spécialistes. » 

Pour attirer les médecins il faut aussi des aides personnalisées afin de favoriser leur installation dans les territoires (par exemple aides au logement ou actions permettant au conjoint du médecin de trouver du travail localement). « C’est une démarche globale, on le voit bien et la cinquième recommandation est d’ailleurs celle de la recherche d’un échelon local pertinent », continue Philippe Mouiller. Selon le rapport, deux critères méritent d’être pris en compte : la soutenabilité financière et la technicité du projet. « C’est une question fondamentale qui dépend du territoire et ce niveau doit être évalué pour que le projet puisse durer dans le temps. » 

L’avant dernière recommandation porte sur la généralisation des contrats locaux de santé (CLS) sur l’ensemble du territoire. Selon le rapport, « ces contrats, portés conjointement par l’agence régionale de santé et une collectivité territoriale pour réduire les inégalités territoriales et sociales de santé, sont l’expression des dynamiques locales partagées entre acteurs et partenaires sur le terrain pour mettre en œuvre des actions, au plus près des populations. » 

Dans une logique de « dernier recours », précise Philippe Mouiller, la recommandation finale à destination des élus porte sur la télémédecine. « La télémédecine ne doit pas se développer au détriment de la venue de médecins dans les territoires sous-dotés », indique le texte. 

Recommandations à l’État 

Le « trait d’union »  essentiel entre ces recommandations est la concertation entre tous les acteurs. C’est pour cela que les recommandations formulées à l’État mettent en jeu essentiellement leurs rapports avec les collectivités. 

« Nous souhaitons vraiment que les élus locaux soient associés à la stratégie nationale de réduction des inégalités territoriales, explique Patricia Schillinger. On a remarqué qu’il manquait un outil territorial et national indispensable : une vraie cartographie de l’offre de soins. Il nous faut des outils de pilotage pour anticiper ! » 

Deuxième recommandation évoquée par les rapporteurs : évoquer, sans tabou, sur la formation et la liberté d’installation des médecins. « Nous n’avons pas pris position dans notre rapport car nous sommes des relais mais 100 % des élus que nous avons rencontré disent qu’il faut relancer ce débat. On ne pourra pas avancer tant que l’on n’aura pas relancé ce débat au niveau national, c’est un élément essentiel », insiste Philippe Mouiller. 

Une réflexion commune État-collectivités territoriales sur les risques de compétition entre les territoires devrait aussi être lancée selon les rapporteurs. Patricia Schillinger précise qu’il « faut trouver une cohérence sur les territoires mais aussi dans les périmètres des départements, des cantons… Il faut que l’équilibre se fasse mieux que ce qu’il est fait aujourd’hui ». La cohérence territoriale serait la clef pour lutter efficacement contre la désertification médicale. 

L’avant dernière recommandation porte sur le renforcement du rôle facilitateur des ARS. « On a besoin de plus de proximité entre les ARS et les élus locaux », explique Philippe Mouiller. Certains élus ont rapporté avoir bénéficié d’un bon accompagnement lors de la création d’un centre de santé mais d’autres élus se sont retrouvés seuls dans leurs démarches. 

Il faudrait, enfin, associer davantage les collectivités territoriales à la politique menée par l’ARS. « Cette recommandation suppose, dans le cadre du projet de loi dit « 3DS » : de renforcer le poids des élus locaux au sein du conseil de surveillance de l’ARS ; d’élargir les attributions du conseil de surveillance des ARS ; d’associer les collectivités locales à la détermination des déserts médicaux ». 

Des idées pour des évolutions législatives 

Ce rapport qui fait office de « boîte à outils »  appuie sur le fait, selon Philippe Mouiller, « qu’il y a une urgence d’avoir des évolutions législatives tant sur la formation que sur l’installation. »  Pourtant, on ne retrouve pas de recommandation concernant la légitimité des maires dans le domaine de la santé. Mercredi dernier, Frédéric Chéreau, maire de Douai et co-président de la commission Santé de l’AMF, confiait à Maire info que l’AMF réfléchissait à des pistes pour tenter de résorber les problèmes récurrents de la désertification médicale avec notamment la question de la gouvernance. « Les maires doivent redevenir présidents des conseils d’administration des hôpitaux », indiquait-il. Si le rapport loue les actions de certains élus, il n’est à aucun moment question de reconsidérer leurs capacités d’action, mais plutôt d’encourager un travail plus collectif entre les collectivités et l’État. 

Rappelons qu’au congrès de l’AMF, le jeudi 18 novembre à 9 h 30, un forum sera consacré au thème : « Agir pour la santé des habitants ».

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